Les deux principales sections parallèles du Festival de Cannes (13-24 mai) - Quinzaine des réalisateurs et Semaine de la critique - ont annoncé, vendredi 24 avril, leurs sélections de films, au lendemain de la proclamation de la sélection officielle.La Quinzaine des réalisateurs, ordinairement dévolue à un cinéma de recherche, crée la surprise en annonçant deux poids lourds du cinéma américain. D'abord le nouveau Francis Ford Coppola, Tetro. Ce film, tourné en scope noir et blanc en Argentine, avec l'acteur Vincent Gallo, semble encore plus aventureux que le précédent opus du maestro, L'Homme sans âge (2007).
Tetro, drame qui met aux prises une famille d'émigrés italiens en Argentine, semble autobiographique. Refusé pour la compétition officielle, Coppola n'a alors pas voulu figurer en hors compétition. Selon Olivier Père, le délégué général de la Quinzaine, "Coppola ne voulait pas d'une énième distinction mondaine. Son film est une quête des origines, une oeuvre extrêmement personnelle, qu'il considère comme un nouveau départ." Le texte que le cinéaste a adressé à la Quinzaine va dans ce sens. Il écrit qu'il "retourne à ses premières passions en tant que cinéaste" et définit son travail comme "un cri pour l'indépendance" face "aux contraintes de plus en plus fortes du système".
FORTE PRÉSENCE AMÉRICAINE
L'autre surprise de la Quinzaine est la présence de deux stars d'Hollywood, Jim Carrey et Ewan McGregor, dans les rôles principaux de la comédie gay I love Philipp Morris, premier long métrage des scénaristes Glenn Ficarra et John Requa. En raison de scènes sulfureuses, ce film n'a pas trouvé de distributeur aux Etats-Unis.
Ces deux événements marquent en tout cas une forte présence américaine à la Quinzaine cette année, avec cinq films sur les vingt-quatre de la sélection. La France est représentée par quatre titres et demi : La Terre de la folie, de Luc Moullet ; Le Roi de l'évasion, d'Alain Guiraudie ; La Famille Wolberg, d'Axelle Roppert ; Les Beaux Gosses, qui marque le passage possiblement désopilant à la réalisation de l'excellent dessinateur Riad Sattouf, ainsi que Yuki et Nina, projet original réalisé par le Français Hippolyte Girardot et le Japonais Nobuhiro Suwa.
Une grosse présence québécoise, le retour du talentueux Portugais Pedro Costa, avec Jeanne Balibar, dans Ne change rien, ainsi qu'un regain de légèreté et de comédie seront les autres éléments de cette 41e édition de la Quinzaine, pilotée pour la dernière fois par Olivier Père avant qu'il ne prenne la direction du Festival de Locarno.
La Semaine de la critique, dirigée par Jean-Chistophe Berjon, joue pour sa part la carte du resserrement et de la découverte : dix longs métrages dont une majorité de premiers films. Adieu Gary, de Nassim Amaouche, et Rien de personnel, de Mathias Gokalp, porteront les couleurs tricolores.
Sont présents des pays rarement représentés, comme l'Uruguay (Bad Day to Go Fishing, d'Alvaro Brechner) ou le Kurdistan irakien (Whisper with the Wind, de Sharham Alidi). A noter enfin un court métrage réalisé par le trop rare Grégoire Colin, La Baie du renard, ainsi que le moyen métrage colombien 1989, de Camilo Matiz, où l'on retrouvera, après Tetro, le plus singulier des acteurs américains en la personne de Vincent Gallo.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire