mercredi 30 septembre 2009

Critique - "Le Petit Nicolas" : au temps où les enfants étaient gentils

Titre de la chanson du générique de fin : "On n'est pas à une bêtise près". Référence cinéphilique matérialisée par une apparition de Gérard Jugnot en prof de chorale d'une classe de garçons : Les Choristes. Autant dire qu'on est loin de l'esprit frondeur de Sempé et du piquant de l'œuvre originale

Dans cette insipide adaptation cinématographique, ne subsistent de fait que les noms des personnages, et la trame de l'album Joachim a des ennuis : alors que Joachim vient d'avoir un petit frère, et qu'il fait à ses camarades un tableau apocalyptique de cet événement et des conséquences qu'il induit sur son existence, Nicolas se persuade que ses parents lui préparent le même coup.

Pour le reste, le film ressert la soupe nostalgique d'une France des 30 glorieuses et de son école exemplaire, exclusivement peuplée de gentils petits garçons blancs comme neige, vêtus de culottes courtes en flanelle, respectueux de l'autorité des professeurs, qui ne parlent jamais de sexe, ne fument pas de cigarettes, n'imaginent même pas lancer une boule puante.

Ces têtes blondes, dont aucune personnalité ne se dégage vraiment - à moins qu'être gros et manger des gâteaux, définition d'Alceste, suffise à cerner une personnalité - ne se préoccupent finalement de rien d'autre que de la constance de l'amour de leurs parents.

Pour les producteurs, l'enjeu n'est pas moins limpide : fabriquer un produit parfaitement calibré pour, en prime time sur une chaîne de télévision en clair, obtenir un maximum de promotion grâce à un casting tout ce qu'il y a de plus télévisuel (Kad Merad, Valérie Lemercier, François-Xavier Demaison, Louise Bourgoin...) et un jackpot en réactivant la franchise "Petit Nicolas".

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