Ils sont mariés et avocats, spécialisés dans le divorce à l'amiable. Que croyez-vous qu'il arrivera à Valentine et Alex ? Un divorce. Bien sûr. De toute façon, vous avez lu le titre. Et naturellement, ils ne mettront pas en pratique le pardon des offenses qu'ils ont toujours conseillé à leurs clients.C'est une situation de vaudeville, mais Valérie Guignabodet a un peu plus que ça en tête. On dirait qu'elle voudrait arriver à toucher la réalité de la séparation. L'emploi du conditionnel dans la phrase précédente tient à l'échec total du projet, quel qu'il ait été à l'origine.
Valentine et Alex n'existent pas, ni dans la réalité, ni dans la fiction. Par moments le film tend à l'étude de caractère, à d'autres à la grosse farce qui anime des archétypes. Mais dans les deux cas, il est à côté de la plaque. En témoigne d'ailleurs le désarroi visible des deux acteurs principaux. François-Xavier Demaison a au moins la ressource de se replier sur son imitation de Karl Lagerfeld, qu'il maîtrise parfaitement. Pascale Arbillot est plus désarmée. C'est une actrice intéressante, elle l'a récemment prouvé dans Parlez-moi de la pluie, d'Agnès Jaoui, dont elle jouait la sœur. Mais ici comment justifier les rapides métamorphoses de Valentine, tour à tour executive woman, séductrice ratée, harpie...
Au moins on ne peut pas reprocher à la réalisatrice de faire preuve d'une compassion excessive pour ses personnages. Tous sont traités avec une méchanceté teintée de mépris. C'est un ton difficile à tenir, surtout quand le scénario ne tient pas vraiment debout, à peine illuminé de temps en temps par une observation pertinente.
Divorces ne risque pas dégoûter les candidats au mariage ou d'effrayer les couples tentés par la rupture, il risque surtout d'envoyer tout ce joli monde ailleurs qu'au cinéma.
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