mardi 24 novembre 2009

Critique - "Le Drôle de Noël de Scrooge" : la première indigestion des fêtes

Les fêtes approchent, Disney sort la grosse artillerie : une adaptation d'Un chant de Noël, le conte de Charles Dickens, par Robert Zemeckis, le réalisateur de Retour vers le futur et de Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, en relief, et selon le nouveau procédé de la performance capture, "version très avancée de la motion capture, (…) centrée sur le jeu et les expressions faciales du comédien", comme le précise le dossier de presse.

Associer des acteurs célèbres au générique d'un film d'animation (comme ici Jim Carrey, Garry Oldman ou Robin Wright Penn) prend du coup plus de sens que lorsqu'on les payait seulement pour leur voix et leur nom. Les visages des personnages ne sont pas les leurs (Jim Carrey joue par exemple un vieillard et les trois "esprits de Noël" qui viennent le visiter), mais ils ont leurs expressions, ce qui produit un résultat pour le moins stimulant sur le plan technique.

Pour le reste, le film laisse relativement interdit tant il s'abandonne sans une once de recul à la mièvrerie de "l'esprit de Noël" à l'américaine. L'histoire est celle de la rédemption d'un vieil avare qui, au seuil de sa vie, reçoit la visite de trois fantômes chez lui : l'esprit des Noëls passés, l'esprit du Noël présent et l'esprit des Noëls futurs, qui le prennent par la main après l'avoir d'abord terrorisé, pour revisiter les grandes étapes de sa vie, pointer du doigt tout ce dont il s'est progressivement coupé, et lui faire miroiter les flammes de l'enfer s'il ne fait pas amende honorable.

Visuellement, Robert Zemeckis s'en donne à cœur joie avec les effets spéciaux, orchestrant un grand crescendo de la laideur. On en sort bien écoeuré, comme après un repas de fête raté.

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