dimanche 15 novembre 2009

Critique - "L'Homme de chevet" : passion romantique d'une gueule cassée pour une paralysée

A Cartagena, en Colombie, Léo, un ex-champion de boxe est tombé dans la déchéance et boit pour anesthésier sa douleur morale. Il est engagé comme garde-malade par une riche jeune femme, Muriel, qu'un accident d'auto a rendu paraplégique, intraitable et exigeante. Léo se voue à cette tâche rédemptrice, avide d'amadouer l'handicapée et de lui procurer de petits plaisirs (lui faire la lecture car elle est friande de livres, lui organiser des promenades alors qu'elle se cloîtrait chez elle).

Adaptée d'un roman d'Eric Holder (éditions Flammarion), cette double histoire de dépendance est aussi celle d'un amour improbable entre un homme mal dans sa tête et une femme au corps invalide, deux êtres fracassés qui inaugurent leur relation par l'agressivité et l'humiliation, et ne vont plus pouvoir se passer l'un de l'autre.

Parabole sur la résurrection de deux handicapés incarnant la tête et les jambes, conte sentimental s'achevant sur une plage et un poème de Francis Ponge, le premier film réalisé par Alain Monne est la mise en images classique, plutôt digne, d'une histoire dont il a contourné pas mal d'écueils. La mise en scène intègre le regard porté sur les corps, les couleurs, la gêne provoquée par certaines situations. Réalisateur et comédiens jouent la carte du romantisme.

En contrepoint de ces deux personnages, deux "comparses" intrigants. Artiste ratée, droguée, amie, confidente et secrétaire de la paralysée, Lucia est à la fois saphique et attirée par "l'homme de chevet". Fille des rues, voleuse, prostituée, Lina est le reflet des démons de Léo, une sorte de fille adoptive qu'il entraîne à se battre sur un ring et à sortir de la misère.

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