Inspiré d'une histoire vraie, celle d'un escroc flamboyant nommé Steven Russel, I Love You Phillip Morris démarre sur les chapeaux de roue. L'affaire se gâte à l'issue de la première demi-heure, mais le film vaut d'être vu pour cette introduction nerveuse et désopilante.Les fans de Jim Carrey se réjouiront de voir leur idole au sommet de sa forme, renouant avec une énergie qui semblait l'avoir abandonné après Braqueurs amateurs, en 2005. Présenté sur un lit d'hôpital, l'acteur qui a révolutionné le burlesque américain à la fin des années 1990 se retrouve en un flash-back à passer en revue à vitesse grand V les étapes fondatrices de la vie de son personnage. Sitôt une situation présentée, il la retourne comme un gant dans une opération de sabotage continu, formidablement jouissive.
Ainsi, Steven Russel fut d'abord flic, affable, dévoué à la communauté en apparence. En réalité, il a embrassé cette fonction à la seule fin d'accéder aux données sur sa mère biologique qui l'avait abandonné à la naissance. Reconverti en cadre d'entreprise, père de famille américain exemplaire, il mène une double vie qui se révèle dans une scène de sexe endiablée où le destinataire de ses assauts, d'abord hors-champ, s'avère n'être pas sa femme mais un jeune homme bâti comme une statue grecque.
Une fois son coming-out effectué, Steven Russel met ses talents transformistes au service d'escroqueries financières, destinées à lui assurer un train de vie d'homosexuel hédoniste hyper-consommateur. Lors de sa première arrestation, il tombe amoureux de son co-détenu Phillip Morris (Ewan McGregor).
Le film bascule alors dans le registre de la comédie romantique, se nourrissant des ratés que les mensonges compulsifs de Steven induisent dans leur couple, et le rythme se ramollit. Malgré ses bonnes intentions, le film frôle parfois la mièvrerie, parfois le mauvais goût (pour s'échapper de prison, Steven Russel feint d'être malade du sida en phase terminale).
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