mercredi 13 mai 2009

Cannes: L'animation en force

Trois films d'animation seront présentés sur la Croisette lors du 62e Festival de Cannes. A "Là-haut" des studios Pixar et "Panique au village" de Stéphane Aubier et Vincent Patar s'est ajouté officiellement une présentation des "Lascars", dans le cadre de La Semaine Internationale de la Critique.

Ce n'est plus un hasard mais un vrai mouvement de fond. Depuis l'arrivée de Thierry Frémaux au poste de délégué général du festival, le cinéma d'animation a été un invité régulier de la sélection officielle, que ce soit en compétition, avec "Shrek 1 et 2", "Ghost in the Shell: Renaissance", "Les Triplettes de Bellevielle", "Persépolis", et "Valse avec Bachir", ou hors-compétition, avec par exemple la présentation de "Kung Fu Panda" en mai dernier. Cannes 2009 présentera ainsi trois longs métrages animés, deux en sélection officielle mais hors compétition, "Là-haut" et "Panique au village", le troisième lui aussi en séance spéciale dans le cadre de La Semaine Internationale de la Critique, section parallèle en marge du Festival.

Des cinémas d'animation
Longtemps, pour le grand public, les dessins animés se résumaient à des films familliaux produits par Disney, en plus d'une Japanimation perçue comme un danger pour la jeunesse. Depuis le début des années 2000, le Festival de Cannes a suivi l'évolution générale d'un cinéma d'animation devenue aussi varié que le cinéma-live. Si "Là-haut", dernière production des géniaux animateurs du studio Pixar, devraient plaire aux enfants de 7 à 77 ans, avec - espérons-le, autant de réussite et de poésie que "Wall-E" ou "Les Indestructibles", "Panique au village" et "Lascars" visent une cible plus élargie, pour reprendre des termes marketing, les férues de culte et de non-sens filmique pour les sorciers belges Stéphane Aubier et Vincent Patar, auteur du premier film nommé, les aficionados d'une animation non politiquement correcte, pour les producteurs des "Lascars", série à succès diffusé d'abord sur Canal +.

Bientôt une Palme d'Or ?
L'an passé, toujours, de nombreux critiques prédisaient à "Valse avec Bachir", le sublime film d'Ari Folman, documentaire d'animation sur son expérience de soldat de Tsahal lors de la guerre du Liban, une Palme d'Or méritée. Las, le cinéaste israélien est reparti bredouille... Si "Persépolis" de Marjanne Satrapi et Vincent Paronnaud avait obtenu le Prix du Jury en 2001, comme "La Planète sauvage" de René Laloux en 1973, les films d'animation présentés en compétition n'ont pas raflé de récompenses plus prestigieuses, comme si les jurés hésitaient à primer un art très différent du cinéma-live. Avec l'émergence de la 3D et la confusion de plus évidente des genres, avec l'utilisation de la technique du stop-motion, le futur permettra peut-être à l'animation de gagner définitivement ses lettres de noblesse. Le Festival de Cannes pourrait ainsi imiter le Festival de Berlin qui n'a pas hésité, en 2002, à récompenser le Japonais Hayao Miyazaki d'un Ours d'Or pour le magnifique "Voyage de Chihiro".

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire