Là-haut est le premier film d'animation à obtenir l'honneur d'inaugurer le Festival de Cannes, qui plus est en 3D, format dans lequel sortiront à l'avenir la plupart des dessins animés hollywoodiens ; les festivaliers porteront des lunettes spéciales afin de voir le film en relief. Ce film des studios Pixar perpétue une longue mais intermittente présence du cinéma d'animation au Festival de Cannes. Dès la première édition, en 1946, est présentée une production Disney, La Boîte à musique, qui remporte le Prix du meilleur film d'animation. Ce film est une anthologie de dix courts métrages musicaux, chantés par un artiste de l'époque. On peut y entendre les voix de Benny Goodman ou Dinah Shore. L'année suivante, une autre production Disney - et l'un des sommets du cinéma d'animation -, Dumbo, de Ben Sharpsteen, remporte le prix du meilleur film d'animation. La présence de Disney se poursuit jusqu'en 1957 avec la présentation de l'un de ses plus grands succès publics, Peter Pan.

Le cinéma d'animation sera ensuite quasiment absent de Cannes jusque dans les années 1970. Il faut attendre 1973 et La Planète sauvage, de René Laloux, un long métrage d'anticipation, pour assister au grand retour du genre dans le plus grand festival du monde ; ce film remporte cette année-là un prix spécial.
L'année suivante, un autre dessin animé culte, Fritz le chat, de Ralph Bakshi, version métaphorique de l'histoire de la contre-culture des années 1960, est présenté en section parallèle.L'animation s'impose à Cannes de manière permanente avec la présentation de la production américaine DreamWorks, Shrek, en 2001. La place du cinéma d'animation, de plus en plus prépondérante dans le monde des images, est désormais prise en compte par Cannes. Suivront d'autres productions DreamWorks : Spirit (2002), Shrek 2 (2004), Nos voisins les hommes (2006), Kung-Fu Panda (2008).


Le cinéma d'animation à Cannes s'étend à d'autres domaines que celui du grand spectacle pour enfants. Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, d'après la bande dessinée de la première, aborde la dictature islamiste en Iran et remporte le Prix du jury en 2007.

Valse avec Bachir, d'Ari Folman, qui traite de l'intervention israélienne au Liban, en 1982, est très remarqué l'an dernier à Cannes ; nommé à l'Oscar du meilleur film étranger, il a obtenu le César du meilleur film étranger en 2009.

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